Histoire

Cher visiteur, je vous propose une balade dans l’histoire du lieu-dit de La Cloute, du café et de son passé motocycliste:

C’est sur le site d’une ancienne clouterie que l’estaminet d’origine ouvrit ses portes début 1900. Nous sommes dans les années d’avant-guerre et les cafés de frontière et de contrebande foisonnaient. En effet, le bâtiment jouxtait un sentier qui reliait la Belgique à la France par un passage à gué traversant l’Elnon. Ce dernier ruisseau faisant office de frontière.

L’institution profita de ce site privilégié pour installer dans le bâtiment une épicerie et un débit de boissons. Ce commerce resta en activité jusqu’aux alentours de 1965 (66?) sous la gouverne de Gaston Lemaine dit « de la Cloute ». Ce dernier eu même son atelier de tailleur de vêtements dans la pièce proche du bar.

Puis arriva Roland. Dont voici le bref récitde de son parcours jusqu’à la cloute:

Roland Delaunoy, originaire de Gaurain-Ramecroix dans le tournaisis, renonça dès son plus jeune âge aux obligations familiales. Il prit à 21 ans la décision de partir pour l’Afrique avec l’armée. Là-bas, au Congo-belge, après avoir rempli ses obligations militaires, il ouvrit un garage, puis une société de transport et exploita une mine de cuivre et pierre à ciel ouvert. Il fut également concessionnaire Renault. Les affaires du « bwana mandefu » (surnom de Roland par les locaux: littéralement l’homme à la barbe) furent juteuses durant toute la fin des 50’s. Le président du Kantanga, Moïse Tchombé, lui confia même l’entretien de l’intégralité des véhicules officiels! Roland intégra par la suite le Lion’s club du Kantaga. Il organisa et participa aux White party’s, très en vogue chez les nantis de la région. C’était une réussite sociale et économique pour l’enfant des carrières hennuyères…

C’est donc dans ce climat confortable que Roland éduqua ses deux enfants en compagnie de son épouse Agnès. Il les emmenait sur les pistes rouge ocre en Norton, FN, Saroléa et bien d’autres machines… Le virus de la moto était dans son sang même avant sa naissance! Car, enceinte, sa mère tomba de la moto familiale sur un passage à niveau à Blaton, ce qui provoqua (dit-on) la naissance de notre homme. En effet, Marcel, son père était l’un des premiers motards (de grosse cylindrée) de la région sur une rare Indian big chief. Cela au début du siècle vers 1923.

Malheureusement la fin des 60’s vit la situation se dégrader pour la famille. A cause essentiellement des bouleversements politiques. Et c’est en 1967 que forcé par « les événements » il doit revenir dans la patrie qui l’a vu naître prés de 35 ans auparavant. Parachuté en région montoise, il ouvrit une pompe à essence de la marque « Chevron« .

Fin 68, Roland avait retrouvé le sourire! Il pouvait car il venait de se porter propriétaire du must en moto moderne: j’ai nommé la Black Bomber! Un splendide bicylindre vertical double arbres à cames en tête 450cc de la marque Honda. « Ce moteur ressemblait à celui des motos de course » ou « je n’avais encore jamais vu une aussi belle finition » aime raconter Roland dans ses bons jours. Son fils Marc lui ayant racheté comme première moto. Cette moto est visible dans le café à certains moments selon les expos temporaires.

Lassé par sa fonction de pompiste, il décide de se rapprocher de ses parents vieillissants et trouve son bonheur à l’ancienne cure de Howardries puis à La Cloute. Le cadre pittoresque lui plut immédiatement! Les étangs, les champs, la tranquillité lui redonnaient le goût de l’Afrique. Et c’est le long de cette route bétonnée qu’il rouvrait, en 1969, le relais de la Cloute tel qu’on le connait aujourd’hui.

Très vite, ses capacités en mécanique, sa passion automobile et motocycliste l’amenèrent à organiser des rallyes, la course de côte du mont St Aubert, la course 50cc d’Hollain, etc. Le milieu de la moto prit vite l’habitude d’assaillir le bistrot le week-end. Une époque où les gros 750 four passaient à prés de 200 devant les copains et où les kawa-3 enfumaient le parking… C’est aussi durant ces 70’s que le BAC (Bléharies Autos Club) ouvrit une section moto en réponse aux hardes de motards gagnant la commune en fin de semaine. La Cloute étant devenu son nouveau point d’attache. Ce club (BAMC donc) devint même le premier club moto national en nombre d’affiliés! Il fut surnommé le club aux 1000 membres. Une gazette mensuelle interne était même éditée.

Encore aujourd’hui, le relais reste un endroit important, voir incontournable, dans la culture moto franco-belge. Les anciennes côtoient désormais les machines récentes. Le BAMC n’existe plus mais l’ambiance est restée intacte. Même la décoration est de 69! Le dicton suivant s’illustre parfaitement aux lieux: « La vie des gens se raconte sur leurs murs ». A La Cloute, c’est 46 ans de moto, 20 ans d’Afrique qui s’étalent en photos, autocollants, affiches, bidons d’huile, pièces de moto…

La mythologie des lieux, son ambiance lui valent même d’être considéré comme le Ace Café Belge!! Image relayée notamment par l’authentique club des Kickincouptestoutpal de Lille. A la différence avec le Ace Café, La Cloute n’a jamais fermé ses portes depuis sa création (La cloute ouvrait ses portes quand le Ace les fermait en 69)!!

Durant l’été 2012, des travaux de remise aux normes furent nécessaires. L’électricité, les frigos et les sanitaires furent remis à neuf. Des scènes d’animaux datées début vingtième furent même découvertes sous la tapisserie. Ces améliorations causèrent une fermeture momentanée. Roland profita de cette trêve estivale pour se retirer doucement du travail dans le bar. Il est vrai qu’un renouveau s’observait depuis 2010 et la clientelle plus nombreuse. Constatation toujours d’actualité. Pour s’en convaincre, il suffisait d’être présent à la première édition du « La Cloute Festival » en juin 2015! Des groupes de New York, Amsterdam et Tournai jouaient devant une foule dense et chaude. Donnant même un petit air de woodstock aux prairies autour du café.

L’équipe LC propose depuis maintenant 5 ans des concerts réguliers afin de nourrir sa clientèle d’amis de bonnes sensations.

Actuellement, La Cloute est toujours ouverte les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés après 16h par la même famille. Et ce en parallèle d’autres activités professionnelles. Montrant bien ici le caractère passionnel de la chose…

Venez découvrir, redécouvrir ou tout simplement prendre le temps de voir s’arrêter le temps! Et ce en dégustant une des 35 bières locales et nationales sur un 33 tours dans cet endroit culte.

Maxime, dernière génération passionnée.

la cloute en trois générations

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